Un militaire qui quitte l’institution après 25 ans de service peut toucher sa pension immédiatement, sans attendre 62 ou 64 ans. Ce que peu de gens savent, c’est que grâce à la bonification du cinquième, ces 25 années sont calculées comme si elles en représentaient 30. Le montant final dépend toutefois fortement du grade – l’écart entre un officier et un militaire du rang dépasse les 1 900 € bruts mensuels.
Comment est calculée la pension militaire avec 25 ans de service?
La formule de base est la suivante : Pension = Solde indiciaire brute des 6 derniers mois × 75 % × (trimestres acquis / trimestres requis). Avec 25 ans de service, vous cumulez 100 trimestres (25 × 4). Le taux plein maximal est fixé à 75 % de la solde de référence.
Le nombre de trimestres requis pour atteindre ce taux plein varie selon votre génération : entre 166 et 172 trimestres. Avec 100 trimestres seulement, vous n’atteignez donc pas le taux plein complet – du moins pas sans mécanisme correcteur. C’est précisément là qu’intervient la bonification du cinquième, abordée dans la section suivante.
La bonification du cinquième, un avantage décisif pour les 25 ans de service
La règle du 1/5e accorde aux militaires jusqu’à 5 années supplémentaires de service fictif, soit 20 trimestres au maximum. La condition : avoir accompli au moins 17 ans de services militaires effectifs, ce qui est largement satisfait à 25 ans. Cette bonification s’ajoute automatiquement au décompte de trimestres.
Concrètement, avec 25 ans de service réel, votre pension est donc calculée sur 30 ans. Vous passez de 100 à 120 trimestres. Et dans certaines configurations – notamment avec des bonifications liées aux campagnes ou aux services actifs – le taux peut atteindre 80 % de la solde de référence, au lieu des 75 % du taux plein standard.
Ce mécanisme change radicalement l’équation financière. Un sous-officier qui partirait à 43 ans avec 25 ans de service effectif ne subit pas la décote proportionnelle que subirait un civil au même stade de carrière.
Quel est le montant concret de la retraite militaire selon le grade?

Selon les données publiées par le ministère des Armées (EcoDef n°275), la pension moyenne de droit direct dans les armées s’établit à 1 773 € bruts par mois en 2024, en progression de 2 % sur un an. Pour la gendarmerie, la moyenne atteint 2 372 € bruts mensuels, soit une hausse de 4,2 % sur la même période.
Ces moyennes globales masquent des écarts importants selon le grade. Voici ce que donnent les chiffres par catégorie :
| Catégorie | Pension brute mensuelle moyenne |
|---|---|
| Officiers | 3 026 € |
| Sous-officiers | 1 509 € |
| Militaires du rang | 1 053 € |
Ces montants sont bruts et antérieurs aux prélèvements sociaux. La pension nette d’un sous-officier tourne autour de 1 300 à 1 350 €, selon les retenues appliquées. Pour un militaire du rang, rares sont ceux qui atteignent 25 ans de service – l’âge moyen de départ dans cette catégorie s’approche des 44 ans, souvent avec une carrière plus courte.
À quel âge peut-on partir et quelles conditions faut-il remplir?
Le régime militaire permet de partir à la retraite sans attendre l’âge légal du régime général. Les non-officiers peuvent liquider leur pension dès 17 ans de service effectif ; les officiers doivent justifier de 27 ans, et les officiers sous contrat de 20 ans.
En pratique, les départs observés en 2024 montrent des âges moyens bien en dessous des 60 ans : 54 ans et 9 mois pour les officiers, 46 ans et 2 mois pour les sous-officiers, 43 ans et 7 mois pour les militaires du rang. Ces chiffres illustrent une réalité : beaucoup partent dès qu’ils ont atteint le seuil d’éligibilité.
Ce que 25 ans de service ne couvrent pas encore : les limites de ce seuil

Sans la bonification du cinquième, 25 ans de service représentent 100 trimestres sur les 166 à 172 requis pour le taux plein complet. Le ratio est d’environ 60 %, ce qui entraînerait mécaniquement une pension significativement réduite pour qui ne bénéficierait pas de la règle du 1/5e.
C’est pourquoi de nombreux militaires choisissent de prolonger leur engagement au-delà de 25 ans, ou complètent leur parcours dans le civil après leur départ. Une seconde carrière dans les secteurs de la sécurité, de la logistique ou de la fonction publique territoriale permet d’accumuler des droits supplémentaires au régime général, et d’améliorer sensiblement le niveau de vie global à la retraite.
Combien cotise réellement un militaire pour sa retraite?
Le taux de cotisation salariale militaire s’établit à 11,10 % en 2025, prélevé directement sur la solde. Ce taux est légèrement inférieur au taux global du régime général, qui inclut la part salariale et se situe autour de 11,31 % pour les salariés du privé, hors cotisations complémentaires.
La différence structurelle tient au régime lui-même. Les pensions militaires relèvent du régime des pensions de l’État, financé en grande partie par l’employeur public – l’État. Il n’existe pas de caisse de retraite autonome comme dans le privé : les pensions sont directement inscrites au budget de l’État et versées par le service des retraites de l’État.
Ce modèle garantit une sécurité de paiement absolue, mais il implique aussi que les règles de calcul – formule, bonifications, conditions de départ – sont fixées par décret et peuvent évoluer. Les militaires qui ont 25 ans de service aujourd’hui bénéficient d’un cadre plus favorable que celui qui s’appliquera peut-être à leurs successeurs – une fenêtre que beaucoup ont intérêt à ne pas laisser passer.