France entrepreneuriale : où en est-on vraiment, chiffres à l’appui

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Le contexte est porteur, mais le record de créations ne dit pas que créer garantit un revenu confortable : près des deux tiers des créations sont des micro-entreprises, dont le revenu moyen mesuré est faible. Une précision sur la requête : les données disponibles décrivent l’état de l’entrepreneuriat français, pas le contenu d’une édition précise des « assises de l’entrepreneuriat ». Aucune date, aucun lieu, aucune annonce ni conclusion d’un tel rendez-vous n’est rapporté ici. Si vous cherchiez cet événement, sa source officielle (site des organisateurs) reste la seule référence fiable.

Un record de créations, porté par un appétit réel pour entreprendre

Selon l’INSEE et Infogreffe, la France a enregistré 1 165 800 créations d’entreprises en 2025, un record historique, en hausse de 5 % par rapport à 2024. L’année précédente affichait déjà 1 111 200 créations (+6 % sur 2023) : la progression s’inscrit dans la durée. Le rythme se maintient en 2026, avec 438 292 entreprises créées entre janvier et avril.

Côté état d’esprit, il faut changer de registre : on passe des statistiques administratives aux sondages. D’après Bpifrance Le Lab et l’Ifop, 34 % des Français sont engagés dans la chaîne entrepreneuriale en 2025, contre 32 % en 2023. Trois Français sur dix voient l’entrepreneuriat comme le choix de carrière idéal, contre un sur quatre en 2023. Ce sont des opinions, pas des créations avérées : elles indiquent un climat favorable, pas un volume de projets qui aboutissent.

Derrière le record : la micro-entreprise et des revenus modestes

La hausse est tirée en grande partie par un seul statut. Les micro-entrepreneurs représentent 65,1 % des créations de 2025, soit 758 600 immatriculations (+6 %). Les sociétés pèsent 301 300 créations (+6 %) et les entreprises individuelles classiques 105 900 (-4 %), selon l’INSEE.

Le revenu associé à ces statuts diffère fortement. Selon l’INSEE, les indépendants perçoivent en moyenne 4 030 € par mois, contre 670 € par mois pour les micro-entrepreneurs, tous secteurs confondus. Deux réserves : ces chiffres datent de 2022, donc d’avant les créations de 2025, et il s’agit de moyennes qui masquent de fortes disparités entre secteurs et entre niveaux d’activité. Prenez-les comme un ordre de grandeur, pas comme une photographie actuelle.

Pour votre décision, le statut est donc une variable de premier rang : « créer » et « vivre de son activité » ne se recouvrent pas. La micro-entreprise abaisse le seuil d’entrée, ce qui explique en partie le volume de créations, mais elle ne dit rien de la capacité à en tirer un revenu principal. Les chiffres de création d’entreprise à La Réunion montrent d’ailleurs qu’un total national se lit toujours à l’échelle d’un territoire et d’un statut.

Qui se lance, concrètement

Il n’existe pas de profil type. Selon l’INSEE, l’âge moyen de création est de 35 ans, et 40 % des créateurs ont moins de 30 ans : on entreprend aussi bien en début qu’en milieu de parcours. Parmi les entrepreneurs individuels qui se lancent en 2025, 44 % sont des femmes (le chiffre ne couvre pas l’ensemble des créateurs). Enfin, 25 % des entrepreneurs n’ont pas le bac : le diplôme n’est pas une barrière d’entrée.

Des millions d’intentions, beaucoup moins de passages à l’acte

Les estimations de personnes tentées par la création varient selon l’organisme et la définition retenue, et elles ne s’additionnent pas. Bpifrance Le Lab compte 5,7 millions de Français (11 %) qui envisagent de créer ou reprendre une entreprise en 2025. CCI France, le Medef et OpinionWay identifient 15,7 millions d’entrepreneurs potentiels en 2026, un niveau inédit depuis l’avant-Covid, dont 52 % envisagent de concrétiser dans les deux ans, soit environ 8,1 millions de personnes. Ces deux séries reposent sur des sondages et des périmètres différents : les comparer ou les cumuler n’aurait pas de sens.

Le rapprochement avec les créations enregistrées reste instructif. Même en retenant la plus basse des deux estimations (5,7 millions), l’écart avec le million de créations annuelles est considérable : l’intention est loin de se traduire en immatriculation. Il faut aussi regarder l’autre extrémité : l’INSEE recense 70 228 défaillances d’entreprises sur douze mois (la période exacte n’est pas précisée dans les données disponibles). Aucun taux de survie n’est établi ici : le chiffre rappelle simplement que le risque est réel.

Les trois freins qui reviennent, et la préparation qu’ils demandent

Selon une enquête menée par bunq, les freins les plus cités sont la complexité administrative (29 %), la recherche de financement (28 %) et l’acquisition de clients (25 %). Prudence sur la source : c’est une enquête d’acteur privé, dont la méthodologie et la date ne sont pas documentées ici. Les trois freins sont toutefois cohérents avec ce que décrivent les autres données, et ils indiquent où concentrer l’effort avant de se lancer.

  • Administratif : le choix du statut engage le niveau de revenu et de risque évoqués plus haut. Le trancher avant l’immatriculation, avec un professionnel de l’accompagnement si besoin, évite de le subir ensuite.
  • Financement : estimer le besoin réel avant de démarrer, puis repérer les dispositifs adaptés à votre situation. Pour les territoires d’Outre-mer, un tour d’horizon existe dans les aides aux entrepreneurs ultramarins.
  • Clients : la question se prépare en amont. Savoir qui paiera, par quel canal vous le trouverez et quel coût d’acquisition vous pouvez absorber pèse davantage sur la viabilité que le niveau d’équipement. Un site vitrine peut en faire partie, à condition d’en évaluer ce qu’il rapporte réellement et ce qu’il coûte.

Avancer ou reporter

Le climat joue en faveur de ceux qui se lancent : volume de créations record, intérêt des Français en hausse, profils variés. Mais ce volume vient surtout de la micro-entreprise, où le revenu moyen mesuré (670 € par mois en 2022) incite à ne pas confondre immatriculation et activité rentable. Si votre projet est déjà chiffré, avec un statut choisi et une première source de clients identifiée, rien dans ces données ne plaide pour attendre. Si l’un de ces trois points reste flou, mieux vaut reporter le temps de le clarifier plutôt que de grossir la statistique des créations sans lendemain.