Payer ChatGPT Plus, Claude Pro et Gemini Advanced en même temps peut rapidement dépasser les 60 euros par mois. C’est exactement ce casse-tête que Mammouth AI prétend résoudre : réunir les meilleurs modèles du marché dans une seule interface, pour 10 euros.
La promesse est séduisante – mais tient-elle la route en conditions réelles ? On a épluché les retours d’utilisateurs, analysé les fonctionnalités et décortiqué les limites. Voici notre verdict sans filtre.
Qui sont les fondateurs de Mammouth AI ?
Derrière Mammouth AI, on trouve deux entrepreneurs français basés à Paris : Luc Bouvattier (président) et Martial Garchery (directeur général). L’idée leur est venue en avril 2024, quand une vague de nouveaux modèles – Claude, Mistral, Llama – a commencé à bousculer la domination de ChatGPT.
En regardant des vidéos grand public sur le sujet, ils réalisent que chaque nouveau modèle représente une marque à part entière, avec ses propres forces.
Plutôt que de choisir, ils décident de tout centraliser. La première version de la plateforme est lancée en juin 2024, avec une nouveauté intégrée toutes les une à deux semaines depuis.
Le nom « Mammouth » ? Une référence directe au mammouth laineux – symbole d’extinction. L’idée : face à l’évolution ultra-rapide de l’IA, rester sur un seul outil revient à disparaître.
La plateforme dépasse les 220 000 visites dès décembre 2024, quelques semaines après son lancement sur Product Hunt.
Comment fonctionne Mammouth AI ?

Première chose à comprendre avant tout : Mammouth n’est pas une IA. C’est un agrégateur – une interface qui relaie vos requêtes vers les API des grands modèles du marché (OpenAI, Anthropic, Google, Mistral, Meta…) et affiche les réponses dans un seul endroit.
Concrètement, vous choisissez un modèle, vous posez votre question, vous obtenez une réponse. Et si le résultat ne vous convient pas, vous pouvez renvoyer exactement le même prompt à un autre modèle en un seul clic, sans copier-coller, sans ouvrir un nouvel onglet.
C’est ce que la plateforme appelle le reprompting – et c’est clairement la fonctionnalité qui fait la différence.
Au-delà du chat, Mammouth propose aussi l’upload de documents (PDF, images), des assistants personnalisés avec contexte pré-configuré, un chat vocal, et une recherche web sourcée via Perplexity. L’application est disponible sur web, iOS, Android et desktop.
En mars 2026, le catalogue texte inclut GPT-5.3, Claude Sonnet 4.6 et Opus 4.6, Gemini 3.1 Pro, Mistral Large 3, Grok 4.1, DeepSeek V3.2 ou encore Llama 4 Maverick. Côté images : Midjourney, Stable Diffusion, DALL-E, FLUX et Recraft.
Mammouth AI est-il vraiment une plateforme française ?
Oui – et non. La startup est bien française, fondée à Paris par deux entrepreneurs hexagonaux. L’interface est pensée pour un public francophone, le positionnement commercial aussi. Sur ce point, difficile de le contester.
Mais sous le capot, les modèles sont américains, chinois ou européens (Mistral étant la seule exception française). Mammouth ne développe aucun grand modèle de langage en propre.
La « french touch » réside dans l’interface et l’approche commerciale, pas dans la technologie sous-jacente. À garder en tête si la question de la souveraineté numérique vous importe vraiment.
Quel est le prix de Mammouth AI ? Existe-t-il une version gratuite ?

Il n’existe aucun essai gratuit – c’est d’ailleurs la critique la plus récurrente sur Trustpilot. Vous devez payer pour tester, ce qui peut légitimement freiner. Pour un outil encore peu connu, c’est un pari risqué côté utilisateur.
Le plan de base, le Starter, est affiché à 10 euros HT par mois – soit environ 12 euros TTC une fois la TVA ajoutée. Plusieurs utilisateurs ont été surpris par cet écart, car les publicités mettent en avant le prix hors taxe, ce qui n’est pas l’usage habituel pour les particuliers en France.
Ce plan Starter comprend :
- 50 messages premium toutes les 3 heures
- 40 images premium par mois
- Analyse de documents jusqu’à 10 000 caractères (environ 1 700 mots)
- Chat vocal, synchronisation multiplateforme et 2 dollars de crédits API inclus
Des plans Standard et Expert existent pour des quotas plus élevés, à des tarifs supérieurs. En comparaison, un abonnement ChatGPT Plus ou Gemini Advanced coûte 20 euros chacun.
Sur le papier, Mammouth reste donc moins cher qu’un seul abonnement premium – à condition de ne pas se heurter aux quotas.
Notre test : ce qui fonctionne vraiment
L’interface est effectivement propre et intuitive. La prise en main prend moins de cinq minutes, même pour quelqu’un qui n’a jamais touché à ce type d’outil. Le design minimaliste est un vrai point fort.
Le reprompting est la vraie valeur ajoutée de la plateforme. Comparer la réponse de Claude avec celle de GPT ou de Gemini sur un même prompt, sans jongler entre quatre onglets – ça change réellement la façon de travailler. Pour tester et explorer différents modèles, c’est difficile de faire mieux à ce prix.
Les « Mammouths » – ces assistants personnalisés auxquels on peut fournir une base de documents – sont également utiles pour les projets récurrents. Vous configurez une fois le contexte, et l’assistant s’en souvient à chaque session.
Mammouth AI ou ChatGPT : lequel choisir ?

La question revient souvent, et la réponse dépend entièrement de votre usage. Mammouth accède aux modèles via leur API brute : vous perdez toutes les fonctionnalités natives. Pas de Canvas sur GPT, pas d’Artifacts sur Claude, pas de mémoire persistante, pas de GPTs personnalisés d’OpenAI.
Si vous utilisez intensément un seul modèle pour des tâches professionnelles complexes, l’abonnement natif reste supérieur. Si vous jongiez déjà entre plusieurs outils et que votre usage est varié, Mammouth devient pertinent – voire économique.
Les deux approches ne s’excluent pas forcément. Certains utilisateurs combinent Mammouth pour l’exploration et un abonnement natif pour la production. Ce n’est pas la solution miracle, c’est un complément intelligent.
L’IA de Mammouth est-elle performante ?
La qualité des réponses dépend entièrement des modèles sous-jacents, pas de Mammouth lui-même. Sur ce point, la plateforme est neutre. Là où le bât blesse, c’est dans la fiabilité de la transmission.
Plusieurs utilisateurs signalent des pertes de contexte sur les longues conversations – le modèle « oublie » dès le cinquième message selon certains avis.
Des prompts valides sont parfois rejetés sans explication, puis fonctionnent parfaitement une heure plus tard. Ce n’est pas une règle, mais c’est suffisamment fréquent pour être signalé.
Pour des tâches créatives légères, de la comparaison de modèles ou de la génération de contenus courts, les performances sont satisfaisantes.
Pour des workflows professionnels critiques – analyse de données complexes, documents longs, traitement de fichiers CSV – les résultats sont moins fiables qu’en accès direct.
Quelles sont les limites de Mammouth AI ?

La limite la plus citée reste les quotas du plan Starter : 50 messages premium toutes les 3 heures, c’est vite atteint pour un usage professionnel régulier. Paradoxalement, certains utilisateurs indiquent atteindre leurs quotas à peine plus vite qu’avec les versions gratuites des plateformes natives.
La gestion des fichiers pose aussi problème. PDF, Word et CSV donnent des résultats instables selon les retours – lignes de code à la place du contenu, fichiers mal lus, instructions mal respectées. La limite de 10 000 caractères par document est par ailleurs assez contraignante pour une analyse sérieuse.
Autres points de friction signalés par les utilisateurs : l’absence totale d’essai gratuit, le prix affiché hors taxe qui surprend au moment du paiement, et une note Trustpilot de 2,6 sur 5 (sur 44 avis en mars 2026) qui reflète une expérience encore inégale selon les profils.
Notre avis sur Mammouth AI : pour qui est-ce vraiment fait ?
Mammouth AI est une bonne porte d’entrée vers le monde du multi-IA. Si vous débutez, si vous voulez tester plusieurs modèles sans exploser votre budget, ou si votre usage est varié et occasionnel, la plateforme a clairement du sens à ce prix.
En revanche, si vous avez besoin de fonctionnalités avancées natives, de conversations longues et complexes, ou d’une gestion fiable de documents volumineux, l’abonnement directement chez le fournisseur restera supérieur.
Mammouth est un agrégateur pratique – pas encore un outil de production professionnel à part entière.
Notre note : 3 sur 5. Le concept est solide, l’exécution encore perfectible. À surveiller de près : la startup évolue vite, et les prochains mois pourraient changer la donne sur les points qui fâchent aujourd’hui.